Collaborer avec une agence : coulisses de tournage culinaire
Dans le monde de la photographie culinaire, il y a deux types de projets : ceux où l'on crée tout de A à Z, et ceux où l'on est là pour exprimer une vision créative préétablie.
Il arrive que je fasse des projets de A à Z, c’est à dire que pour certains clients (souvent plus petits, qui n’ont pas le budget pour une agence) c’est moi qui leur pose des questions, m’inspire de leur histoire et de leurs produits pour créer un narratif.
Basé sur ce narratif je choisis une direction artistique : des couleurs, une intention, une émotion.
L’idée ? Aller plus loin que le produit, dépasser le fonctionnel pour aller vers l’émotionnel. Concrètement, une marque de biscuits ne vend pas simplement son goût, mais le moment de pause qui va avec.
Elle aide peut être les gens à se recentrer sur eux et sur ce qui compte vraiment. Ca peut paraitre abstrait comme cela, mais chacun de nous consomme tel ou tel produit pour des tas de raisons inconscientes et non rationnelles - sans nous en rendre forcément compte. Pendant longtemps j’ai cru comme beaucoup de gens que le marketing n’avait pas d’action sur moi, que c’était un gros mot.
La réalité, c’est que c’est totalement faux. L’humain est fait comme cela, nous sommes des animaux sociaux, nos besoins et désirs sont complexes et ne se résument pas à un choix rationnel. C’est précisément pour cela que créer des narratifs qui ont un sens précis et une portée émotionnelle est primordial.
Dans le cas de cet article je vais prendre en exemple ce projet en collaboration avec une agence pour la marque de biscuits Delacre, Pour ce projet c’est l’agence qui s’est chargée de toute la partie concept / narratif / DA.
Lorsque c’est comme ça, en tant que photographe culinaire mon rôle est de poser une lumière, un angle et une ambiance pertinente par rapport à l’histoire racontée et à la démarche souhaitée.
Le but ? Réaliser un shooting à l'esthétique colorée et vintage pour créer des contenus à destination des réseaux sociaux de la marque. L’idée était de représenter des moments de consommation gourmands dans une atmosphère chic et vintage qui fait le pont entre l’héritage de la marque (datée de 1891) et les codes modernes d’aujourd’hui.
Voici les coulisses de ce projet
1. Comprendre l’ADN : Le brief "Vintage Moderne"
Travailler pour une marque comme Delacre demande une immersion totale dans son histoire. L'agence souhaitait rompre avec les codes trop classiques pour embrasser une tendance "retro chic" : des couleurs saturées, des ombres marquées et une ambiance qui rappelle les publicités des années 60 et 70, tout en restant ancrée dans la modernité.
L’idée était de sublimer le biscuit sans qu'il ne disparaisse sous l'artifice du décor.
2. L’Exécution technique : Maîtriser la couleur et la lumière
Pour répondre à une DA précise, l'improvisation n'a pas sa place. Le travail s'est articulé autour de trois piliers :
La Colorimétrie
L’agence a sélectionné un lieu de tournage pour le shooting dont nous pourrions récupérer les différents endroits pour créer de mini univers. Un lieu lui même vintage avec du mobilier adapté : bois clair, sofa vert olive typique des sixties, etc..
Le choix des couleurs s’est concrétisé par celui du lieu.
Le travail de la lumière "Hard Light"
Pour le côté vintage, nous avons délaissé les lumières douces et diffuses au profit d'une lumière dure. Ce choix technique crée des ombres nettes et graphiques, rappelant l'esthétique des magazines de cuisine vintage, tout en apportant du relief et du croquant visuel aux biscuits.
Le stylisme culinaire et set design
Le stylisme culinaire et le set design sont indispensables pour mettre en œuvre un narratif, nous avons choisi des accessoires qui correspondait aux couleurs choisies en amont : tons chauds et cosy, avec des touches de vert olive notamment, pour renforcer la narration visuelle.
Lors du tournage, nous avons choisi chaque biscuit individuellement pour prendre seulement les plus beaux.
3. La synergie Photographe / Agence / Marque
Réussir une campagne, c'est avant tout savoir communiquer. En tant que photographe culinaire, mon rôle est de traduire les attentes de l'agence en réglages techniques.
Le shooting en mode connecté: Pendant la session, l'agence et le client pouvaient visualiser les photos en temps réel sur grand écran. Cela permet des ajustements immédiats sur la composition, on voit tous les détails de l’image et plusieurs personnes peuvent collaborer sur le rendu en même temps, garantissant une validation étape par étape.
Je privilégie toujours ce mode de fonctionnement. Cela évite les mauvaises surprises avec les clients (ils pré valident les contenus car ils les voient en direct en grand) et l’expérience de shooting est supérieure.
Les clients ont l’impression de maitriser le rendu, ils ont une satisfaction immédiate lors du shooting au lieu de quitter le tournage en se demandant si les contenus seront à la hauteur de leurs attentes.La post-production : Un travail méticuleux de retouche pour harmoniser les couleurs et la lumière, et s'assurer que le rendu final soit identique sur tous les supports, du format digital au 4x3 dans le métro.
4. Pourquoi la DA est la clé de votre marketing de marque
Cet exemple de collaboration avec Delacre montre l'importance d'une identité visuelle forte. Que vous soyez une marque nationale ou un restaurateur indépendant, la cohérence visuelle est ce qui transforme un simple produit en un objet de désir.
Une DA précise permet de :
Renforcer la mémorisation : On reconnaît la marque avant même de lire son nom.
Inspirer la qualité : La précision de l'image reflète la précision de la recette.
S'adapter aux supports : Une photo pensée pour une DA s'intègre parfaitement dans une stratégie de communication globale (Web, Social Media, Print).
Conclusion : Donnez de l'ambition à vos visuels
L'exécution de cette campagne pour Delacre prouve qu'avec une vision claire et une expertise technique, la photographie culinaire devient un levier de croissance puissant.
Vous êtes une agence à la recherche d'un œil capable de respecter vos chartes les plus pointues ? Ou une marque souhaitant redéfinir son image ?

